jeudi 4 juillet 2013

J446 – F346

J446 – F346

I showed her Heights she never saw —
“Would’st Climb,” I said?
She said — “Not so” —
“With me —” I said — With me?
I showed her Secrets — Morning’s Nest —
The Rope the Nights were put across —
And now — “Would’st have me for a Guest?”
She could not find her Yes —
And then, I brake my life — And Lo,
A Light, for her, did solemn glow,
The larger, as her face withdrew —
And could she, further, “No”?
_____

Je lui montrai des Pics jamais qu’elle ne vit –
« Veux-tu les Gravir », ai-je dit ?
Elle répondit « Point ainsi » –
« Avec moi – » j’ai dit – Avec moi ?
Je lui montrai des Secrets – le Matin au Nid –
La Corde sur laquelle étaient tendues les Nuits –
Et dès lors  – « Me voudrais-tu pour ta Compagnie ? »
Elle ne put trouver son Oui –
Ensuite, je brisai ma vie – D’un coup, Voici
Qu’un Éclat solennel, pour elle, reluisit,
Qui crût d’autant, que son visage s’amoindrit –
Et pouvait-elle, encore, « Non » ?
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J445 – F344

’Twas just this time, last year, I died.
I know I heard the Corn,
When I was carried by the Farms —
It had the Tassels on —

I thought how yellow it would look —
When Richard went to mill —
And then, I wanted to get out,
But something held my will.

I thought just how Red — Apples wedged
The Stubble’s joints between —
And the Carts stooping round the fields
To take the Pumpkins in —

I wondered which would miss me, least,
And when Thanksgiving, came,
If Father’d multiply the plates —
To make an even Sum —

And would it blur the Christmas glee
My Stocking hang too high
For any Santa Claus to reach
The Altitude of me —

But this sort, grieved myself,
And so, I thought the other way,
How just this time, some perfect year —
Themself, should come to me —
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C’est juste en ce temps, l’an dernier, que je suis morte.
Je sais que j’ai entendu le Maïs,
Tandis qu’au long des Fermes voici qu’on m’emporte –
Il était revêtu de ses Quenouilles –

J’ai pensé combien il serait d’un jaune intense –
Lorsque Richard s’en irait au moulin –
Puis, au moment que j’ai voulu que je m’échappe,
Quelque chose ma volonté retint.

J’ai pensé combien Rouges – les Pommes qui pressent
Les jointures du Chaume intercalaire –
Et les Charrettes en tournée des Champs penchant
Pour prendre les Potirons à leur bord –

Je me suis demandée qui me manquerait, moins,
Et au moment que Thanksgiving, s’en vient,
Si le Père allait multiplier les assiettes –
Pour qu’une Somme égale il en obtînt –

Et si la liesse de Noël s’affadirait
De mon Soulier sur un trop haut pavois
Qu’aucune espèce de Saint Nicolas parvienne
À atteindre l’Altitude de moi –

Mais à songer ainsi, le chagrin se fit mien,
Et donc, j’en ai pensé l’inverse voie,
Comment, juste en ce temps, en quelque année parfaite –
Ce serait à eux, de venir à moi –
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J444 – F524

It feels a shame to be Alive —
When Men so brave — are dead —
One envies the Distinguished Dust —
Permitted — such a Head —

The Stone — that tells defending Whom
This Spartan put away
What little of Him we — possessed
In Pawn for Liberty —

The price is great — Sublimely paid —
Do we deserve — a Thing —
That lives — like Dollars — must be piled
Before we may obtain?

Are we that wait — sufficient worth —
That such Enormous Pearl
As life — dissolved be — for Us —
In Battle’s — horrid Bowl?

It may be — a Renown to live —
I think the Man who die —
Those unsustained — Saviors —
Present Divinity —
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Ça se sent à honte d’être Vivant –
Quand si braves Hommes – sont morts –
On envie la Poussière Distinguée –
Que Tête pareille – a pour sort –

La Stèle – annonçant à défendre Qui
Ce Spartiate disposé
De Lui combien peu notre – possession
En Gage de la Liberté –

Le prix est fort – Sublimement payé –
Sommes-nous méritant – la Chose –
Qui vit comme Dollars – de s’empiler
Avant qu’à gain soit notre cause ?

Devons-nous d’attendre être – digne assez –
Que cette Perle colossale
Comme est vivre – se dissolve – pour Nous –
Dans l’affreux Hanap – des Batailles ?

Il se peut que ce soit – Renom de vivre –
Je pense l’Homme qui se meurt –
Tous ceux sans soutènement – ces Sauveurs –
Présentent la Divinité –
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J443 – F522

I tie my Hat — I crease my Shawl —
Life’s little duties do — precisely —
As the very least
Were infinite — to me —

I put new Blossoms in the Glass —
And throw the old — away —
I push a petal from my gown
That anchored there — I weigh
The time ’twill be till six o’clock
I have so much to do —
And yet — Existence — some way back —
Stopped — struck — my ticking — through —
We cannot put Ourself away
As a completed Man
Or Woman — When the Errand’s done
We came to Flesh — upon —
There may be — Miles on Miles of Nought —
Of Action — sicker far —
To simulate — is stinging work —
To cover what we are
From Science — and from Surgery —
Too Telescopic Eyes
To bear on us unshaded —
For their — sake — not for Ours —
’Twould start them —
We — could tremble —
But since we got a Bomb —
And held it in our Bosom —
Nay — Hold it — it is calm —

Therefore — we do life’s labor —
Though life’s Reward — be done —
With scrupulous exactness —
To hold our Senses — on —
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Je noue mon Chapeau – je plisse mon Châle –
Vaque en menus devoirs de vie – précise –
Comme si le moindre
Fût de l’ordre de l’infini – pour moi –

Je mets des Fleurs nouvelles dans le Verre –
Et des anciennes – je dispose –
De mon jupon je repousse un pétale
Qui s’y vint ancrer – je soupèse
Le temps restant avant qu’il soit six heures –
Il m’est tant de choses à faire –
Quand – l’Existence – à quelque temps de là –
Cessant – mes tic-tacs – s’en biffèrent –
Nous ne pouvons remiser qui nous sommes
En Homme qui fût complété
Ou Femme – Une fois la mission finie
Pour quoi nous chûmes – dans la Chair –
Peut-être s’étendent – des Lieues de Rien –
D’Action – maladive bien plus –
Simuler – est un labeur éreintant –
Pour camoufler ce que l’on fut
À la Science – aussi à la Chirurgie –
Trop Télescopiques regards
Pour que nous les supportions d’un œil nu –
Non pour Nos besoins – mais les leurs –
Ils tressailliraient – que Nous – tremblions –
Mais puisque munis d’une Bombe –
Nous l’avons retenue en notre Sein –
Non – la retenons – tout est calme –

Et donc – nous vaquons à l’œuvre de vivre –
Bien que sa Récompense – ait fui –
Avec exactitude scrupuleuse –
Pour retenir nos Sens – en vie –
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J442 – F520

God made a little Gentian —
It tried — to be a Rose —
And failed — and all the Summer laughed —
But just before the Snows

There rose a Purple Creature —
That ravished all the Hill —
And Summer hid her Forehead —
And Mockery — was still —

The Frosts were her condition —
The Tyrian would not come
Until the North — invoke it —
Creator — Shall I — bloom?
_____

Dieu composa une menue Gentiane –
Qui s’efforçant – d’être une Rose –
Échoua – et tout l’Été s’esclaffa –
Or juste avant que vînt Nivôse

Parut une Créature Empourprée
Dont fut tout le Coteau ravi –
Et l’Été de dissimuler son Front –
Et la Moquerie – rien ne dit –

Les Givres étaient sa condition –
Ne pouvait le Rose de Tyr
Survenir que par le Nord – invoqué –
Créateur – Moi – vais-je fleurir ?
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J441 – F519

This is my letter to the World
That never wrote to Me —
The simple News that Nature told —
With tender Majesty

Her Message is committed
To Hands I cannot see —
For love of Her — Sweet — countrymen —
Judge tenderly — of Me
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Voici ma missive adressée au Monde
Lequel ne M’écrivit jamais –
Les simples Nouvelles de la Nature –
C’est avec tendre Majesté

Qu’est commis son Message entre des Mains
Impossibles que je les voie –
Pour l’amour d’Elle – Doux – compatriotes –
Soyez tendres jugeant – de Moi
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J440 – F628

’Tis customary as we part
A trinket — to confer —
It helps to stimulate the faith
When Lovers be afar —

’Tis various — as the various taste —
Clematis — journeying far —
Presents me with a single Curl
Of her Electric Hair —
_____

À nous séparer il est de coutume
D’offrir – quelque Colifichet –
Il aide à ragaillardir le serment
Quand les Amants sont éloignés –

C’en est divers – comme est le goût variant –
La Clématite – au long périple –
Me rapporte par une seule Boucle
Elle en ses cheveux Électriques –

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